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9 juillet 2010 Le Pantanal menacé

Le travail des experts du climat lavé de tout soupçon

Les enquêtes indépendantes menées sur les chercheurs du GIEC ne formulent que des critiques à la marge

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Les excuses du " Sunday Times " pour l'Amazongate...

La décision est exceptionnelle. Le Sunday Times a officiellement rétracté, fin juin, un article publié le 31 janvier accusant le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) de déclaration erronée et catastrophiste sur la réponse du bassin amazonien au réchauffement.

Selon le journal, propriété du magnat australo-américain Rupert Murdoch, l'affirmation selon laquelle 40 % de la forêt amazonienne est sensible à de faibles réductions de précipitations ne s'appuyait sur aucune étude sérieuse. Il a finalement reconnu avoir commis des erreurs d'appréciation et avoir attribué à certains scientifiques interrogés des opinions qui n'étaient pas les leurs. Le quotidien leur a adressé ses excuses.

Beaucoup de bruit pour rien. Ou pas grand-chose. Deux rapports, rendus publics, ramènent à une modeste mesure les scandales qui, ces derniers mois, ont enflammé la blogosphère et la presse britannique, jetant le discrédit sur les sciences du climat.

Le premier, publié lundi 5 juillet par l'agence néerlandaise d'évaluation de l'environnement (PBL), évalue la qualité du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). La crédibilité de ce dernier avait été écornée en début d'année avec la découverte d'une grossière erreur sur la date estimée de la fonte des glaciers himalayens.

Le second rapport, dévoilé mercredi 7 juillet, était très attendu. Il rend compte de l'enquête, menée par un panel scientifique indépendant à la demande de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni), sur le réel impact du " climategate ".

Ce scandale est né de la divulgation sur le Net, fin novembre 2009, d'environ un millier de courriels, piratés dans les serveurs du Climatic Research Unit (CRU) de l'université d'East Anglia. Des morceaux choisis de cette correspondance entre climatologues avaient alimenté - et alimentent toujours - l'idée que les sciences du climat sont fondées sur des manipulations et des dissimulations de données, ainsi que sur une conspiration destinée à réduire toute " dissidence " scientifique. Des allégations notamment colportées en France par des personnalités comme l'ancien ministre Claude Allègre, ou encore le philosophe Dominique Lecourt.

Ce climategate, dont les commanditaires sont inconnus, a fait l'objet d'une attention considérable outre-Manche et outre-Atlantique. Son spectre a aussi plané sur les négociations de Copenhague. Le 7 décembre 2009, au cours de la première séance plénière de la conférence, le délégué saoudien avait déclaré que " le niveau de confiance " dans la science climatique était " affecté ". Mohammed Al-Sabban faisait implicitement référence au contenu des courriels piratés.

Signe des répercussions médiatiques considérables de l'affaire, pas moins de trois autres enquêtes ont été diligentées par des universités et le Parlement britannique. Leurs conclusions ont été rendues publiques ces dernières semaines. La dernière enquête, celle publiée le 7 juillet, et dirigée par Sir Muir Russell, ancien doyen de l'université de Glasgow, ne tranche pas avec les précédentes. Elle exonère de toute malversation les climatologues du CRU. Selon le rapport Russell, " la rigueur et l'honnêteté scientifiques " de ces derniers " ne sont pas en doute ".

Les études menées au CRU sont cruciales. Elles consistent en particulier à compiler les données météorologiques mondiales pour en extraire la température moyenne terrestre. La mesure du réchauffement récent repose donc, en partie, sur ces travaux. Les enquêteurs disent " ne pas avoir trouvé d'éléments " à même " de mettre en cause la confiance " à placer dans ces recherches. Ni dissimulations ni manipulations. Le rapport Russell exonère aussi les chercheurs du CRU de toute tentative d'entraver les travaux de contradicteurs.

Pour autant, le rapport Russell n'est pas exempt de critiques. Le CRU a ainsi échoué à " faire preuve du niveau approprié d'ouverture ", notamment dans la divulgation de certaines données à des tiers qui en faisaient la demande. Ce n'est pas tout. Le CRU a produit une courbe de variations de températures que les rapporteurs jugent " trompeuse ". Celle-ci n'était cependant vouée qu'à illustrer un rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), publié en 1999.

Dans cette figure, les chercheurs accolaient des températures thermométriques récentes et des températures anciennes, déduites de l'épaisseur de cernes d'arbres. Les rapporteurs jugent licite le procédé, mais estiment que la légende du schéma aurait dû indiquer les provenances différentes des données et les marges d'erreur. Pour autant, le rapport Russell ne trouve " aucune preuve que le comportement des chercheurs du CRU fragilise les conclusions du rapport du GIEC ".

Ce dernier est au centre de l'audit mené par l'agence néerlandaise d'évaluation de l'environnement. Dans la foulée du " Climategate " et de l'échec des négociations de Copenhague, de nombreuses informations de presse ont fait état d'un grand nombre d'erreurs et d'imprécisions dans le rapport du GIEC - et plus précisément dans son deuxième volet (" Impacts, vulnérabilité, adaptation ") consacré aux impacts régionaux du réchauffement.

Le GIEC en a reconnu deux. La première consistait en l'évaluation fautive de la fonte totale des glaciers himalayens qu'une coquille plaçait en 2035. La seconde plaçait 55 % du territoire néerlandais sous le niveau moyen de la mer, contre 26 % en réalité (sans compter les 29 % du territoire en zone inondable, d'où la confusion). De leur côté, des quotidiens britanniques ont souligné un grand nombre d'autres fautes présumées : exagération de la sensibilité de la forêt amazonienne à la sécheresse, lien statistique abusif entre réchauffement et dégâts occasionnés, références fantaisistes, exagération des risques de propagation de certaines maladies comme le paludisme, etc.

L'essentiel de ces allégations est fantasmatique ou très exagéré. En réalité, selon l'agence néerlandaise, il n'existe, dans le " Résumé à l'intention des décideurs " du rapport examiné, " aucune erreur significative ". " Notre travail ne contredit en rien les principales conclusions du GIEC sur les impacts, l'adaptation et la vulnérabilité au changement climatique, écrit l'agence néerlandaise. Il y a d'amples preuves observationnelles que les systèmes naturels sont influencés par le changement climatique à des échelles régionales. Ces impacts négatifs présentent dans le futur des risques substantiels dans la plupart des régions du monde, les risques augmentant avec une plus haute température moyenne globale. "

Cependant, l'agence néerlandaise formule quelques critiques. Elle réclame plus de transparence sur la provenance de certaines affirmations du " Résumé ". Et explique avoir détecté une troisième erreur significative dans les quelque 1 000 pages du corps du rapport. Il s'agit d'une erreur d'estimation de la réponse au réchauffement, des stocks d'anchois au large de l'Afrique de l'Ouest.

L'agence néerlandaise ajoute que le " Résumé " à l'intention des décideurs est " orienté risque " : il met plus l'accent sur les aspects négatifs que sur les aspects positifs du changement climatique. " Nous pensons que cette critique est infondée, estime Martin Parry, professeur à l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni) et coprésident du groupe 2 du GIEC. La tâche que nous ont assignée les gouvernements est d'identifier les impacts les plus importants à prendre en compte. Dans la synthèse, nous devons mettre l'accent sur les changements dont il faut se protéger plutôt que sur ceux qui constitueraient des opportunités. "

Stéphane Foucart


Editorial

Un revers pour les climatosceptiques

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La publication, les 5 et 7 juillet, de deux rapports d'enquête qui lavent de tout soupçon les chercheurs du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) va-t-elle désamorcer le climato-scepticisme ? La polémique avait débuté, en novembre 2009, avec la divulgation sur la Toile d'extraits de courriels piratés dans les serveurs du Climatic Research Unit de l'université d'East Anglia, au Royaume-Uni.

Cette campagne avait été lancée quelques semaines avant le sommet de Copenhague, où devait être scellé un nouveau plan mondial de lutte contre le réchauffement. On sait ce qu'il en est advenu.

Depuis l'échec très médiatisé de la conférence internationale, les négociations sur le climat piétinent, et la perspective de parvenir à sortir de cette impasse d'ici au prochain rendez-vous de Cancun, au Mexique, en décembre, reste très incertaine.

Le " Climategate " et le doute qu'il a instillé dans l'opinion ont largement conforté les gouvernements, tentés de ne pas agir alors que la crise était devenue leur priorité. Pendant plus de six mois, les accusations d'incurie, de catastrophisme ou de politisation de la science ont fait florès. La question de l'avenir du GIEC a même été posée.

Au Royaume-Uni, le lynchage a été mené avec tant d'âpreté par les journaux et la blogosphère que l'un des chercheurs les plus attaqués confiera avoir sérieusement songé à mettre fin à ses jours. Aux Etats-Unis, des think tanks liés aux intérêts pétroliers ont lancé des requêtes pour obtenir l'accès aux archives de courriels des chercheurs ; le FBI enquête encore sur des menaces de mort adressées à plusieurs climatologues parmi les plus en vue.

Au printemps, plus de 250 membres de l'Académie des sciences américaine ont cosigné un texte, publié par la revue Science, demandant que cesse cette " chasse aux sorcières digne de McCarthy ".

En France, les auteurs d'ouvrages diffamant la science et les scientifiques ont vu affluer vers eux micros et caméras. Là encore, plusieurs centaines de chercheurs n'ont eu, pour se défendre, d'autre alternative que de signer ensemble un texte de protestation et de colère.

Que va-t-il rester de ce déchaînement, alors que les enquêtes indépendantes menées sur les scandales de ces derniers mois - dont une enquête parlementaire britannique - ont toutes révélé que les accusations portées contre les scientifiques du climat sont sans fondement ?

Il faut espérer que les médias accorderont autant de place à ces conclusions qu'ils en avaient accordée aux accusations, afin d'éclairer une opinion publique déstabilisée par les mensonges sur la réalité du réchauffement et l'urgence à y répondre.

Six mois avant le sommet de Cancun, il faut souhaiter que les responsables politiques renouent avec les ambitions proclamées avant Copenhague : des mesures à la hauteur de ce défi planétaire, plutôt qu'un plus petit commun dénominateur qui préserve des intérêts de court terme.

Séisme virtuel à Menton : 1 500 morts, 7 000 blessés, 15 000 sans-abri

Modéré en métropole, le risque de tremblement de terre est important pour les Antilles, qui y sont encore mal préparées

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Cela ressemble à un film catastrophe. A 8 heures du matin, un jour de juin, alors que les touristes commencent à affluer sur la Côte d'Azur, se produit un séisme de magnitude 6 à 6,5, dont l'épicentre est situé à 2 km au sud de Menton, dans les Alpes-Maritimes, à 7 km de profondeur. Des bâtiments s'effondrent. Les routes sont coupées par des glissements de terrain sur un rayon de 50 km, désorganisant les secours. Le trafic ferroviaire est paralysé. Les réseaux d'électricité et de gaz hors service. Vingt-cinq minutes plus tard, un tsunami s'abat sur le littoral, rendant les ports inutilisables. Le bilan est lourd : 1 500 morts, 7 000 blessés et 15 000 sans-abri en France, à Monaco et en Italie. Les dégâts se chiffrent à 3 milliards d'euros.

Pure fiction ? Cette simulation, réalisée par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), a été présentée, mercredi 7 juillet, au Sénat. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) y organisait une audition publique sur le thème : " La France est-elle préparée à un tremblement de terre ? ". " La probabilité de ce scénario est très faible. Mais, scientifiquement, il est plausible, indique Michel Cara, du Bureau central sismologique français (BCSF). Les mesures GPS montrent que le sud des Alpes et la Corse se rapprochent de 0,4 à 0,8 mm par an. Ce qui peut traduire une compression tectonique ".

En France métropolitaine, le risque sismique est certes " modéré ", rappelle Pierre-Yves Bard, du Laboratoire de géophysique interne et tectonophysique (CNRS-université de Grenoble 1-Laboratoire central des ponts et chaussées). Affectée à distance seulement par la collision des plaques africaine et eurasienne, elle n'enregistre, par siècle, que 1 à 2 secousses de magnitude égale ou supérieure à 6, potentiellement destructrices. La dernière remonte à 1909, à Lambesc (Bouches-du-Rhône), où elle avait fait 46 morts. Les victimes se compteraient aujourd'hui en centaines, ou en milliers, compte tenu de la densification de la population.

Pour autant, le territoire métropolitain n'est pas à l'abri de l'aléa sismique. Pour preuve les deux secousses enregistrées le 30 juin, à quelques heures d'intervalle, dans le sud de la Vendée (magnitude 4,2), et dans la vallée de la Maurienne (force 4,3). Les Alpes, la Provence, les Pyrénées et l'Alsace y sont particulièrement exposées.

La situation la plus alarmante est celle des Antilles françaises, dans une zone de subduction où la plaque nord-américaine s'enfonce sous la plaque caraïbe. En 1839 et 1843, deux séismes d'une magnitude voisine de 8 avaient frappé la Martinique et la Guadeloupe, faisant respectivement 300 et 3 000 morts. Des simulations montrent que de tels événements feraient, aujourd'hui, plusieurs dizaines de milliers de victimes.

A l'activité tectonique s'ajoute, dans ces îles, la vulnérabilité des constructions, rarement aux normes parasismiques pour l'habitat individuel et souvent bâties sur des terrains instables. Un " plan séisme Antilles " a pourtant été lancé en 2007. Lors de son déplacement en Martinique, en février 2010, Nicolas Sarkozy a réaffirmé l'engagement de la France dans ce programme, étalé sur quinze à vingt ans et doté d'" au moins 5 milliards d'euros ". Il prévoit la consolidation ou la réfection des bâtiments scolaires (1,5 milliard d'euros dont 900 millions d'euros pour les écoles primaires), le renforcement des établissements santé et la reconstruction du CHU de Pointe-à-Pitre (1 milliard d'euros) et des interventions sur les logements sociaux (1 milliard d'euros).

Déjà, il est clair que ces financements, qui font largement appel aux collectivités territoriales, seront " insuffisants ", reconnaît Jean-François Sorro, responsable de la cellule interministérielle chargée de ce plan : " La mise à niveau des établissements scolaires reste trop lente. Sur 500 écoles à traiter, 12 seulement ont été reconstruites ou sont en chantier. " Commentaire de Claude Lise, sénateur et président du conseil général de la Martinique (PS) : " On nous annonce régulièrement que des sommes extraordinaires sont déversées sur les Antilles. Pour l'instant, nous n'avons pas vu beaucoup de crédits engagés. Pour les écoles, la situation est dramatique. "

Pierre Le Hir


Environnement

Bruxelles veut un moratoire sur les forages en eaux profondes

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Le commissaire européen à l'énergie Günther Oettinger a appelé, mercredi 7 juillet, à un moratoire sur les forages en eaux très profondes, au large de l'Europe.

Au vu de l'explosion de la plate-forme exploitée par BP dans le golfe du Mexique, " tout gouvernement responsable devrait geler les nouveaux permis autorisant les forages dont les paramètres sont extrêmes ", a-t-il déclaré.

M. Oettinger a aussi préconisé une nouvelle " division du travail " entre Bruxelles et les pays européens, concernant le contrôle des forages. Une directive devrait être présentée cet automne. - (AFP.)


Environnement

Le Parlement européen interdit l'importation de bois illégal

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Les ONG brésiliennes se sont félicitées du texte adopté mercredi 7 juillet par le Parlement européen interdisant, d'ici à deux ans, tout commerce illégal du bois sur le territoire de l'UE (Le Monde du 7 juillet). Cette décision aura un " impact positif sur l'Amazonie " assure Greenpeace Brésil. - (AFP.)


Calédonie verte

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La Banque européenne d'investissement vient d'octroyer un prêt de 10 millions d'euros aux banques de Nouvelle-Calédonie pour favoriser la croissance verte. Ces crédits sont destinés aux entreprises de plus de 100 salariés. Elles bénéficieront de prêts à taux préférentiels.


Le Pantanal menacé

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Un gigantesque incendie, qui s'est déclaré en Bolivie mercredi 7 juillet, menace la partie paraguayenne du sanctuaire végétal du Pantanal.

Cette vaste région abrite des milliers d'espèces de flore et de faune. L'ampleur du sinistre s'explique par une sécheresse prolongée.


www.academie-sciences.fr

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La biodiversité est-elle importante pour la santé ? Pourquoi lui attribuer une valeur monétaire ? Plus de cinquante contributions de chercheurs réputés, consacrées à la biodiversité,

sont accessibles sur le site de l'Académie des sciences.


Pétrole

Avec UTS, Total se renforce dans les sables bitumineux canadiens

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Présent depuis dix ans dans l'extraction des sables bitumineux canadiens, Total se renforce dans ce segment de la production pétrolière prometteur pour le marché mais très critiqué pour ses retombées sur l'environnement. Après deux tentatives infructueuses en 2009, il a annoncé, mercredi 7 juillet, le rachat pour 863 millions d'euros du canadien UTS et des 20 % que celui-ci détient dans Fort Hills, un projet renfermant 3,4 millions de barils de brut extra-lourd et qui pourrait produire 160 000 barils (159 litres) par jour. Le groupe espère lancer l'exploitation de la mine à ciel ouvert en 2015-2016. Si l'on intègre ce type de brut, le Canada dispose de réserves estimées à 175 milliards de barils, ce qui le place au deuxième rang mondial derrière l'Arabie saoudite (260 milliards). Ces ressources intéressent aussi les Chinois, qui ont massivement investi (participations minoritaires, coentreprises) dans les sables bitumineux ces dernières années. Avec le déclin de la production mexicaine, ils sont aussi devenus d'une importance stratégique pour les Etats-Unis.

Jean-Michel Bezat


Les énergies renouvelables trouvent leur place en France

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Crise oblige, la consommation d'énergie a baissé en France en 2009, de 5,2 % par rapport à 2008, à 259 millions de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep). Cette chute a entraîné celle des émissions de CO2, en diminution de 5,7 % (- 1,2 % en 2008).

La production d'énergie renouvelable (thermique et électrique d'origine hydraulique, éolienne et photovoltaïque) a atteint 19,9 Mtep en 2009, un record malgré le recul de l'hydraulique handicapé par un manque de pluie. Hors hydraulique, le taux de progression par rapport à 2008 est de 6,6 % (23 % en deux ans).

Le bois-énergie représente 46 % du total, devant l'hydraulique (25 %) et les biocarburants (11 %). La production d'électricité d'origine éolienne a poursuivi sa forte croissance (+ 36 %), pour s'établir à 7,8 TWh (en métropole). Le photovoltaïque a atteint 164 GWh, triplant en un an. Au total, la production de ces deux électricités vertes a doublé de 2007 à 2009. Avec l'hydraulique, la part de l'électricité d'origine renouvelable dans la consommation (en métropole) a représenté 13 %.

B. d'A.


BP prêt à lancer un forage très périlleux en Arctique

Pour échapper au moratoire sur les projets offshore, le géant pétrolier va percer à partir d'une presqu'île artificielle

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L'administration Obama persiste sur le moratoire

L'administration Obama a perdu devant la justice, jeudi 8 juillet, un appel destiné à relancer le moratoire sur les forages pétroliers en eau profonde.

Le 22 juin, un juge de Louisiane a annulé le moratoire de six mois sur les forages offshore décrété le 27 mai par le président américain, à la suite de l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon. L'appel contre cette annulation doit encore être jugé sur le fond. En tout état de cause, le gouvernement a prévu d'instaurer un nouveau moratoire sur les forages profonds.

L'administration Obama a par ailleurs fixé à BP, jeudi, un délai de 24 heures pour exposer son nouveau dispositif de lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique.

Le géant britannique doit notamment mettre en place un nouvel entonnoir sur le puits pour récupérer davantage de pétrole. BP indique qu'" idéalement ", il voudrait stopper la fuite dès le 27 juillet - jour de la publication de ses résultats semestriels. Un objectif qui semble irréaliste.

Cible de toutes les critiques après la marée noire dans le golfe du Mexique provoquée par l'explosion de sa plate-forme pétrolière, BP continue malgré tout d'avancer ses pions. La compagnie britannique veut débuter d'ici à la fin de l'année un projet assez particulier.

Le géant pétrolier compte atteindre un gisement baptisé Liberty au moyen d'un forage sous-terrain courant à l'horizontal sur une douzaine de kilomètres. Avec les risques technologiques inhérents à un tel projet dans un milieu comme l'Arctique où les conditions de forage sont plus difficiles qu'ailleurs : froids extrêmes, glaces dérivantes, forte corrosion, etc.

Malgré tout, la détermination de BP reste intacte. Et la compagnie ne ménage pas ses efforts pour mener à bien son projet, avec opportunisme : bien que le champ pétrolier Liberty soit situé sous les fonds marins à plusieurs kilomètres au nord des côtes de l'Alaska, il n'est pas touché par la décision prise en mai par l'administration Obama de suspendre jusqu'à la fin de l'année les nouveaux forages offshore dans le golfe du Mexique et dans l'océan Arctique.

BP a en effet prévu de conduire cette opération depuis deux îles artificielles, reliées entre elles et à la terre, couvrant plus de 25 hectares. Le pétrolier les avait fait construire en 1987 pour exploiter un gisement pétrolier appelé Endicott qui depuis a donné son nom à cette petite presqu'île.

Du coup, parce que le percement se fait depuis ces îlots de graviers, elle a pu obtenir de la nouvelle agence fédérale qui gère l'exploration pétrolière, le Bureau of Ocean Energy Management (ex-MMS), que le projet soit considéré comme terrestre.

Au-delà de ce petit arrangement " sémantique ", les associations de défense de l'environnement se montrent très inquiètes : " Le projet va aux limites de la technique actuelle ", selon Melanie Duchin, de Greenpeace Alaska. Les conditions hostiles de l'Arctique rendraient qui plus est très difficile l'organisation de secours en cas d'accident.

Pour arriver à exploiter le gisement, BP a commandé un système de forage sur mesure. Ce type d'opération, baptisé " extended reach " - " à portée très étendue " -, demande des équipements sophistiqués afin de creuser le puits et implique de gérer au mieux des pressions très fortes lors de la récupération du pétrole.

" Les technologies que nous prévoyons d'utiliser pour nos puits Liberty sont éprouvées par BP et d'autres opérateurs dans le monde ", répond Robert Wine, un porte-parole de la compagnie britannique.

Le coût total du projet atteint près de 1,5 milliard de dollars (1,18 milliard d'euros). Le jeu en vaut la chandelle, puisque près de 100 millions de barils pourraient être extraits du réservoir Liberty.

Outre l'aspect technologique, les associations de défense de l'environnement pointent aussi les antécédents peu reluisants de BP dans la région arctique. En 2006, par exemple, un de ses pipelines qui traversent le nord de l'Alaska, vers la baie de Prudhoe, a connu de très importantes fuites sous l'effet d'une corrosion mal maîtrisée. En avril, les autorités américaines ont adressé une lettre au pétrolier pour exprimer leurs soucis à propos du pipeline qui relie Endicott à celui de trans-Alaska.

Les ONG soulignent aussi une mauvaise évaluation des risques liés au projet Liberty. L'étude d'impact n'aurait pas été conduite de manière assez rigoureuse, selon Rebecca Noblin, de l'ONG Center for Biological Diversity en Alaska. " L'agence fédérale qui supervise l'industrie pétrolière a été en Alaska trop arrangeante avec cette dernière, comme cela a aussi été le cas dans le golfe du Mexique, affirme-t-elle. Le gouvernement fédéral a été peu regardant sur le projet Liberty de BP et a même permis à la compagnie pétrolière d'écrire une bonne partie de l'étude d'impact environnemental. "

Sur ce dernier point, le géant britannique estime que rien d'anormal n'a été commis. " BP Alaska a soumis des informations d'analyse de l'impact environnemental au MMS, afin que l'agence l'utilise comme bon lui semble pour préparer l'audit du projet ", affirme Robert Wine, de BP.

Un ensemble d'ONG, parmi lesquelles Greenpeace ou le Sierra Club, ont demandé par lettre, le 1er juillet, à Ken Salazar, secrétaire à l'intérieur de l'administration Obama, de " reporter " toute approbation de permis à BP pour Liberty jusqu'à ce que les services fédéraux aient conduit un audit environnemental complet du projet, qui prenne en compte les capacités réelles du pétrolier à assurer un plan de réponse à un accident industriel dans l'Arctique. " BP a actuellement les mains complètement liées par ses efforts pour tenter de remédier à la marée noire dans le golfe du Mexique, et cela n'aurait aucun sens de l'autoriser à se lancer dans un projet dont la technologie est nouvelle ", note Rebecca Noblin.

Face à l'accumulation de problèmes, on laisse entendre, du côté de BP, que le début des opérations pourrait être retardé et ne pas se faire à l'automne, comme prévu il y a encore quelques mois. " Nous espérions commencer le forage d'ici à la fin de l'année, mais il est plus probable que cela ne se fasse qu'en 2011, pour un début de production la même année ", lâche Rober Wine.

Ce retard laisse un peu plus de temps aux ONG pour tenter de mobiliser l'opinion publique et l'administration Obama face aux risques de Liberty.

Bertrand d'Armagnac


L'Europe tiendra ses engagements financiers sur le climat

La commissaire européenne Connie Hedegaard estime qu'il existe une volonté politique de parvenir à un accord à Cancun

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L'Union européenne respectera les engagements financiers pris lors de la conférence de Copenhague en décembre 2009 : c'est le principal message transmis par Connie Hedegaard, commissaire chargée du climat, lors de son passage à Paris, jeudi 8 juillet. " L'argent promis sera dépensé, c'est crucial pour notre crédibilité ", a-t-elle indiqué.

Sur les 30 milliards de dollars de ressources nouvelles promis sur trois ans (2010-2012) par les pays riches à Copenhague, la contribution de l'UE s'élève à 7,2 milliards d'euros, soit 2,4 milliards d'euros par an. Cette somme a bien été inscrite dans les budgets des Vingt-Sept pour 2010.

Pourtant, les organisations non gouvernementales contestent la sincérité de cet engagement en pointant le recyclage de l'aide publique au développement déjà votée. " Une part importante des sommes inscrites au titre du climat en 2010 ne sont pas de l'argent frais. Cela signifie que d'autres postes de l'aide au développement, comme l'éducation ou la santé, seront amputés ", affirme l'ONG de développement, Oxfam.

Son point de vue semble confirmé par une décision du gouvernement allemand, mercredi 7, de supprimer du projet de budget 2011 une somme de 70 millions d'euros relatif à l'engagement climatique.

L'accord de Copenhague comportait par ailleurs l'engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour aider les pays en développement.

Un groupe consultatif a été nommé par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, pour réfléchir aux moyens d'y parvenir. " Ce groupe peut nous faire toutes les propositions qu'il souhaite. Il a toute liberté ", a expliqué Mme Hedegaard en précisant que l'une d'entre elles pourrait être de " s'appuyer sur le marché du carbone dont le développement potentiel est énorme ".

La question des finances semble un préalable pour débloquer des négociations engluées depuis maintenant sept mois et parvenir à un accord ambitieux lors de la prochaine conférence internationale à Cancun en décembre.

La commissaire estime que l'Europe a la volonté politique d'avancer, ainsi que les pays émergents : " Si l'on compare la situation par rapport à celle d'il y a un an, on constate que de nombreux pays du Sud se sont fixé des objectifs, c'est nouveau. "

Reste à savoir ce que feront les Américains. La loi sur le climat et l'énergie proposée par l'administration de M. Obama doit toujours être adoptée par le Congrès.

Accords sectoriels Le principal avocat de cette loi, le sénateur du Massachusetts, John Kerry, a reçu un renfort avec un rapport du Congressional Budget Office, publié mercredi, qui estime que la loi permettrait de réduire le déficit de l'Etat de 19 milliards d'euros durant sa première décennie d'application. Les revenus du marché des émissions de CO2 prévu par la loi compenseraient les dépenses en matière de crédits d'impôts en faveur de l'énergie propre.

La commissaire est cependant restée prudente sur ses attentes à Cancun et préfère envisager plusieurs accords sectoriels plutôt qu'un accord global.

A propos de la possibilité pour l'Europe de se fixer un objectif de réduction de ses émissions de 30 % d'ici à 2020 plutôt que l'actuel objectif de 20 %, Mme Hedegaard estime que l'objectif serait facilité si l'UE réorientait ses aides publiques en faveur des économies d'énergie notamment dans les pays d'Europe orientale.

" Pour l'instant, la moitié de l'argent européen est utilisée pour l'agriculture. L'argent devrait aller en priorité à l'innovation et à la recherche. C'est une des discussions les plus difficiles que nous allons avoir entre Européens dans les dix-huit mois à venir. Tous les pays émergents investissent dans la recherche, c'est ce que l'Europe doit faire si elle veut continuer à occuper une place de premier plan " sur l'échiquier mondial.

Hervé Kempf

Météo

Plusieurs régions touchées par la canicule

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En plus de Paris, sept départements (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Territoire de Belfort et Rhône) ont été placés en vigilance orange pour canicule par Météo France, jeudi 8 juillet. L'épisode pourrait durer au moins trois jours, mais devrait cependant être " sans commune mesure " avec celui d'août 2003.

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a rappelé que les " leçons de 2003 " avaient été tirées. Cette année-là, la canicule avait fait 15 000 victimes, surtout âgées. La ministre a indiqué que les professionnels de santé en ville, dans les hôpitaux et les maisons de retraite, étaient mobilisés.

En Ile-de-France et en Alsace, le niveau " mise en garde et actions " du plan canicule a été déclenché.

A Paris, un numéro d'appel (39 75) a été créé par la Mairie, et des salles " rafraîchies " sont ouvertes.

La crise a poussé les Européens à modifier leur façon de s'alimenter

Le consommateur mange autant. Il ne renonce pas aux produits bio ou santé, mais reste attentif à la dépense

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S i une bonne partie des Français et des Européens ont été obligés de réduire leurs dépenses depuis le début de la crise, ils ont continué à manger autant. Certes, le chiffre d'affaires global des géants de la grande consommation (Unilever, Danone et autres Kraft Foods) peut sembler décevant : le cabinet OC & C Strategy a calculé qu'il avait fait du surplace en 2009 (+ 0,6 % contre un bond de 13,3 % en 2008). Ce qui signifie que, compte tenu de l'inflation, les volumes vendus sont en retrait. Mais, plus frappant : les consommateurs dépensent différemment et en veulent plus pour leur argent.

La crise a eu un autre effet : elle a confirmé les tendances profondes à l'oeuvre dans la consommation de produits alimentaires. Ainsi la baisse des achats de viande rouge s'est poursuivie (- 2 % en 2009 en France) avec des reports massifs vers le poulet (+ 5 % en 2009 après + 4 % en 2008). Par ailleurs, les produits allégés ou minceur, déjà en perte de vitesse ces dernières années, sont en chute sensible en France (- 8 %) et en baisse en Europe (- 2,7 %).

Selon les experts d'Euromonitor International, les consommateurs qui avaient pris l'habitude de quitter les conserves pour les surgelés et les surgelés pour les produits réfrigérés frais inversent certains gestes : globalement, ils délaissent les surgelés, souvent plus chers et reviennent aux conserves qui augmentent de plus de 2 % en valeur en Europe après une hausse semblable en 2008. En revanche, les plats préparés surgelés continuent à progresser (4,3 % attendu en 2010 en France contre 3,3 % en Europe). Ils profitent d'une demande pour des aliments faciles et rapides à préparer. Les pâtes (+ 3 % en 2010 en Europe et + 2,3 % en France), les autres types de plats préparés, les soupes prêtes à consommer, profitent également de cette tendance à réduire le temps de fabrication du repas (" frugale fatigue ", disent les sociologues américains) avec des taux de croissance significatifs de 2,5 % à 4 % en Europe et en France (Euromonitor). En revanche, des produits semi-luxe comme le saumon fumé ont tendance à disparaître des chariots.

La fête à la maison

Côté boissons, les bières, cognacs, vins pétillants, continuent de perdre 2 % à 5 % de parts de marché alors que la vodka explose (13,4 % en 2008-2009 et 12,4 % attendus en 2010 selon Euromonitor). Le boom de certains alcools - mais aussi des pizzas livrées à domicile - s'explique par une réduction des dépenses de bars et restaurants : les Français et les Européens continuent à se faire plaisir, mais à domicile. Dans les sodas (+1 % en France et en Europe), les grandes marques (Coca, Orangina...) conservent et accroissent leurs parts de marché notamment dans leurs versions " light ", sans sucre ou avec pulpe ajoutée, par exemple. Les boissons énergisantes ou sportives poursuivent leur très forte progression.

Autre surprise : le bio et le commerce équitable, " contrairement aux idées reçues, ont traversé sans dommage le cap de la récession ", écrit Euromonitor. La consommation a progressé de 2 % dans le monde (26 milliards de dollars soit 21 milliards d'euros) et de 4 % en Europe. Le marché du commerce équitable (3,4 milliards de dollars, selon Fairtrade Labelling Organisation International), lui, a crû de 15 % en valeur en 2009. En 2009, les marchés britanniques et américains ont progressé respectivement de 12 % et 7 %. En France, Alter Eco a ainsi relancé son chocolat " Noir intense " avec succès en dépit d'un prix presque deux fois supérieur à celui d'une tablette classique. Malgré la crise, les consommateurs intègrent à leurs dépenses une sorte d'impôt solidarité.

Crise oblige, la santé demeure un vecteur de consommation prioritaire. En France, le fromage de chèvre perçu comme moins gras gagne 5 points de parts de marché quand le fromage de vache perd 15 points. Les ventes d'Oméga 3 (13,218 tonnes en 2009, + 10 % par rapport à 2008) sont là pour le prouver. L'Europe représente la moitié de la consommation mondiale. Selon le distributeur Système U, les consommateurs sont plus enclins à se porter sur les produits locaux : la proximité donne le sentiment d'agir sur l'économie locale et sur la qualité. Le pain, produit de première nécessité, consacre cette tendance : les produits " tradition " (+ 2,4 %) perçus comme bénéfiques pour la santé accroissent leur part de marché. Dans cette logique, rien d'étonnant si la gourmandise chocolatée traditionnelle est en perte de vitesse par rapport à celles qui ont une connotation santé (barre céréales...) : elles progressent de 4,4 % en Europe en 2009 et de 6,5 % en France. S'ils mangent différemment, les Français restent néanmoins attachés à la tradition du repas. Selon une étude de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), neuf Français sur dix respectent la tradition des trois repas par jour et huit sur dix prennent leur dîner en famille.

Yves Mamou et Lea Billon

Des TGV à " bas coût " pourraient circuler à partir de 2012

La prochaine ouverture à la concurrence incite la SNCF à muscler sa politique commerciale

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Un TGV " low cost ", à l'image des vols des compagnies aériennes à " bas coûts " qui ont obtenu un franc succès sur le marché du transport aérien. A priori, l'idée semble séduisante... même si, dans une large mesure, elle existe déjà.

En particulier avec les offres iDTGV ou TGV Prem's qui proposent, par exemple, un aller Lille-Marseille à 19 euros. La SNCF s'intéresse néanmoins à ce concept dont elle envisage l'extension dans le cadre de son plan stratégique à l'horizon 2015, discuté par le conseil d'administration réuni le 6 juillet. Plutôt que de réserver les offres les plus compétitives à un nombre déterminé de sièges, l'opérateur programmerait des trains entiers à " bas coûts " tout en les organisant de façon telle que leur rentabilité soit assurée.

Afin de pouvoir " exploiter ces trains dans des conditions structurellement différentes ", les rames seraient modifiées pour accueillir un nombre plus important de passagers. L'un des moyens envisagés pour optimiser la quantité de sièges consisterait à supprimer la voiture-bar, ce qui permettrait de réduire d'autant plus sensiblement les coûts que la restauration à bord des TGV, confiée à des prestataires extérieurs, constitue une activité nettement déficitaire pour la SNCF.

Par ailleurs, ces lignes " low cost " ne seraient accessibles qu'avec le nouveau " e-billet " qui contribue à réduire les frais de fonctionnement. Testé depuis 2009 et étendu depuis début juin à vingt destinations, ce titre de transport est une simple référence client attribuée via Internet après l'achat du billet. Il suffit au voyageur, délivré de l'obligation du compostage, d'imprimer cet identifiant et de le présenter au contrôleur. A terme, le téléphone portable pourra aussi être utilisé comme support du titre de transport.

Ces trains conçus pour regrouper des voyageurs porteurs de billets promotionnels - et qui pourraient circuler à partir de 2012 - ne devraient pas révolutionner la politique tarifaire de l'entreprise. A la SNCF, on rappelle que le voyage à bord d'un TGV est facturé 42 euros en moyenne.

Services payants étendus

Ces projets dans le domaine du " low cost " - bien que le terme ne figure pas dans le document présenté devant le conseil d'administration - ne traduisent qu'un aspect de la stratégie de la société nationale. A l'autre extrémité du spectre commercial, elle réfléchit au développement de services " premium ".

Dans le prolongement des formules " TGV-Pro " (réservation d'un taxi ou d'une place de parking, restauration à la place, accès à des salons en gare), une réflexion est lancée autour de nouvelles prestations destinées à des voyageurs disposés à payer un supplément pour les obtenir. Pour autant, les diverses expériences menées ces dernières années invitent à une certaine prudence les experts du marketing ferroviaire. A la SNCF, on rappelle qu'en 1981, lors du lancement de la première génération du TGV (Paris-Lyon), quatre rames avaient été aménagées pour ne recevoir que des sièges de première classe. Faute d'atteindre un taux de remplissage satisfaisant, elles furent transformées en rames classiques.

Ces projets témoignent d'une volonté d'occuper le terrain. Dès 2011-2012, la SNCF sera exposée à une concurrence inédite : Trenitalia sur Milan-Chambéry-Paris et Gênes-Marseille-Lyon-Paris, voire Deutsche Bahn sur Paris-Bruxelles-Londres. Ces rivaux miseront sur la qualité du service à bord. Et sans doute aussi sur l'agressivité de leur politique commerciale.

Jean-Michel Normand

La vie des entreprises Nucléaire

Le Sénat plaide l'ouverture du capital des centrales nucléaires d'EDF

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Devant la commission sénatoriale, qui a examiné mercredi 7 juillet le projet de loi sur la nouvelle organisation du marché de l'électricité (loi NOME), le sénateur UMP Ladislas Poniatowski s'est dit en faveur d'une ouverture du capital des centrales nucléaires pour répondre aux critiques de Bruxelles sur le manque de concurrence en France. - (AFP.)

Télescope SANTéTélescope

Chez le rat, la charcuterie favorise le cancer du côlon

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Le lien entre la consommation de charcuterie et le cancer colorectal (première cause de décès par cancer chez les non-fumeurs en France) était fortement suggéré par les études épidémiologiques. Des chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Toulouse l'ont confirmé de façon expérimentale sur des rats. Chez ces rongeurs, des lésions prétumorales, au niveau de la muqueuse intestinale, ont été favorisées par l'ingestion de charcuterie à la fois riche en hème (molécule qui donne sa couleur rouge à la viande), additionnée de nitrites, cuite et oxydée. Quatre caractères présents dans un jambon cuit puis exposé à l'air. Ce travail pourrait ouvrir la voie à des stratégies de prévention, consistant par exemple à éviter l'oxydation des charcuteries. Ce qui, dans la vie courante, invite à manger rapidement une tranche de jambon sortie de son emballage.

Santarelli et al. in " Cancer Prevention Research " de juillet

Amazon se lance dans l'alimentaire au Royaume-Uni

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Le cybermarchand américain Amazon a lancé, mercredi 7 juillet, la vente de produits alimentaires sur son site britannique, incluant des produits des marques Kraft, Pepsi et Procter & Gamble. Il va concurrencer les groupes comme Tesco, Sainsbury et Wal-Mart. Ce service a déjà été ouvert aux Etats-Unis et en Allemagne. - (AFP.)