1959-2009 cinquante ans
la catastrophe du barrage de Malpasset

Les anniversaires des grands évènements dramatiques sont généralement commémorés tous les dix ans. Cinquante ans après la rupture du barrage de Malpasset appelle une commémoration encore plus marquée. C'est ce que fait cette année la ville de Fréjus en organisant des manifestations spéciales consacrées au barrage de Malpasset. Voir ici.

Il y aura les 29 novembre et 2 décembre deux superbes concerts; et les jeudis 19 et 26 novembre deux conférences. Voir ici.

Je n'ai rien à apporter à cette histoire. Ma contribution est seulement de rassembler en ce dossier consultable sur internet, les nombreux éléments qui constituent l'histoire du barrage de Malpasset, depuis sa conception jusqu'à sa rupture dans la nuit du 2 décembre 1959. La catastrophe inonda toute la région de Fréjus, dévasta les champs, les infrastructures et les habitations, et fit 423 victimes. Le drame fut la conséquence de la réalisation des risques qu'un ouvrage de génie civil d'une très grande ampleur fait courir aux hommes qui vivent en aval.

Le document le plus complet sur le barrage voûte de Malpasset, depuis les tous premiers moments de sa conception, jusqu'à sa rupture et au delà, par les mesures prises pour le remplacer, sont dans le hors série N°3 de la société d'histoire de Fréjus et de sa région. Il s'agit de "Barrage de Malpasset, de sa conception à sa rupture" par Vito Valenti ingénieur hydraulicien et Alfred Bertini administrateur territorial. Ce dossier internet est très modestement le reflet de ce livre écrit pour l'histoire, sous le N°ISBN 9782847500882.

Les causes de la catastrophe de ce barrage voûte, exceptionnel par conception et sa technique de construction - d'après des enquêtes des deux commissions d'experts nommés par le tribunal - sont attribuées non à l'ouvrage lui-même, mais à sa relation avec le terrain sur lequel il était construit. C'est la rupture du terrain d'ancrage de la voûte sur la rive gauche du Reyran qui est à l'origine de la catastrophe. Et c'est l'insuffisance d'études et de contrôles géologiques au cours de la construction du barrage qui a conduit a cette situation. La catastrophe s'est produite à ce moment là plutôt qu'à un autre, en raison de la conjonction de plusieurs circonstances défavorables supplémentaires, ce qui constituait un véritable piège naturel. C'est pour cela que le procès n'a pas retenu de responsabilité humaine dans la catastrophe.

Cinquante ans après le drame, les familles des témoins et des victimes du drame continuent de s'interroger. C'est parce que les rapports d'experts ont mis en évidence toute une série de causes, de la conception à la rupture, liées au maître d'ouvrage et au maître d'oeuvre, causes qui participent à l'explication de la catastrophe. On a bien su, notamment lors de la deuxième expertise, effectuer un grand nombre de travaux et d'investigations géologiques qui ont permis de mieux expliquer les origines du drame. Si ces travaux avaient été faits avant et pendant la construction, il est permis de penser qu'ils auraient conduit à des observations et à des mesures qui auraient peut-être permis d'éviter la catastrophe.


Mis à jour le 29/09/2014 pratclif.com