Inondations du Var les 15 et 16 juin 2010
Rapport officiel du Gouvernement

Extraits significatifs du rapport officiel du gouvernement

Les rivières de la zone concernée par la catastrophe de juin 2010 sont bien connues pour leurs crues intenses et rapides, mais les inondations catastrophiques qu'elles peuvent occasionner, par exemple celle du 6 juillet 1827, sont souvent sorties de la mémoire collective. Elles ne donnent d'ailleurs pas lieu aux recherches historiques qui permettraient de les y maintenir et d'en tirer les enseignements.

Du point de vue de l'alerte, la mission a noté un décalage entre l'effectivité de la transmission de l'alerte aux maires et la perception de cette alerte. Ce décalage est lié, du côté de l'émission des messages, aux limites techniques des outils de prévision; du côté de leur réception, à une culture du risque encore insuffisante, et concentrée sur le risque des feux de forêt. Dans ces conditions, la faible anticipation des phénomènes incite à raccourcir la procédure de l'alerte aux maires.

En ce qui concerne la prise en compte des risques dans les documents d'urbanisme et l'application du droit des sols, la mission note qu'une volonté affichée de préserver la possibilité d'une urbanisation diffuse - donc de maintenir des zones NB - a conduit à ne pas prescrire des PLU ou à laisser traîner leur élaboration depuis plusieurs années. Elle relève que l'association entre des documents d'urbanisme "ouverts" et des PPRi (plans de prévision des risques incendies) plus restrictifs, conduit à un droit des sols particulièrement peu lisible par la population.

L'Argens est le fleuve du département du Var et son bassin versant est situé en totalité à l'intérieur de ce département. Or la mission a constaté que l'intérêt des décideurs pour l'aménagement des coursd'eau de ce département n'est pas à la hauteur, d'une part de l'impact des ressources en eau, et d'autre part de la vulnérabilité des zones inondables. Les collectivités territoriales dont c'est la responsabilité, n'ont pas de vision globale des eaux. Il n'est personne pour dresser l'état qualitatif et quantitatif des ressources en eaux, en particulier souterraines, au delà des prélèvements qu'elles y opèrent. Les lits mineurs sont souvent considérés comme des auxiliaires pour se débarrasser de ce dont personne ne veut ; la section qui en reste apparaît suffisante pour laisser couler l'eau l'été, quand elle consent à apparaître.

Les lits majeurs, les espaces d'inondations, accueillent les remblais pour les mettre hors d'eau, sans imaginer leur incidence sur l'écoulement des eaux. Il n'est personne pour acter la vulnérabilité pourtant prouvée de certains services de secours et suggérer un possible déménagement. Il n'y pas eu une seule commune en 2010 pour prévenir sa voisine d'aval de l'arrivée imminente d'une crue catastrophique.

Consulter le rapport officiel du Gouvernement in extenso (lien)..


Pierre Ratcliffe

Mis en ligne le 08/12/2010