L'UMP Varoise ne fait guère cas de l'ouverture
Var Matin 19 janvier 2008

Dans le Var, l'ouverture politique suggérée par Nicolas Sarkozy à ses troupes tient plutôt de l'infime entrebâillement.. Ce n'est pas quelque chose que nous avons pris en compte dans la délivrance des investitures, confirme Jean-Pierre Giran, secrétaire départemental de l'UMP. Peu de personnalités de gauche, du moins encartées ou à la notoriété forte, intégreront les listes municipales de I'UMP. Il est vrai que la droite locale s'est spécialisée dans l'apolitisme stratégique, balayant les étiquettes pour se consacrer "majorité départementale", rassemblant plus volontiers ses troupes dans une association des amis du maire qu'au siège du parti. Pas question, donc, de satisfaire le souhait du président de politiser les élections locales.

Et puis, les triomphes de l'UMP dans le Var au printemps dernier (7 députés dont 6 au 1er tour), n'incitent guère ses leaders à partager une telle rente de situation. Nous ne faisons pas nos listes en fonction d'équilibre politique, explique Hubert Falco, patron de l'UMP, et en ce domaine, Paris ne m'imposera rien, poursuit-il. L'ancien sénateur socialiste Guy Durbec, représentant de "Gauche Moderne", le mouvement de Jean-Marie Bockel censé incarner cette ouverture, s'est ainsi heurté à un mur.

« Ils n'ont besoin de rien »

« J'ai essayé de prendre contact avec Hubert Falco ou Horace Lanfranchi... Ils n'ont besoin de rien, constate-t-il. Je le comprends. Mais vu qu'ils ne risquent rien, ils pourraient laisser un peu de place à la stratégie d'ouverture voulue par le Président.

« Je n'ai pas attendu pour intégrer des gens d'une sensibilité différente «, rétorque Hubert Falco. qui se plaît à rappeler que sa première carte d'adhérent était radicale-socialiste ». Même le Nouveau centre, partenaire naturel de l'UMP, a dû labourer le département pour placer certains de ses adhérents.

Dès lors, l'ouverture varoise ne repose guère que sur les aventures individuelles, les débauchages ou les calculs locaux. Ou le simple hasard. L'UMP a, par exemple donné son soutien à Danielle Sault, maire sortante de Tavernes. Or celle-ci, élue au titre de la gauche plurielle en 2001, reste l'héritière de Charles Fiterman, ancien ministre des transports, ex-responsable national du PCF passé au PS en 1998 et toujours présent dans l'équipe.

De l'autre côté du département, à Sanary, l'UMP a choisi d'investir Didier Tourancheau, candidat au positionnement fluctuant bien qu'initialement référencé à gauche. En tout cas, le représentant local de l'UMP est passé à la trappe. Ce sont les députés qui, dans leur circonscription, ont choisi, explique le parti sarkozyste.

Après l'élection

Peu contraints par la situation politique à partir à la pêche, les élus UMP des grandes villes attendent donc, serein, des ralliements unilatéraux. Max Piselli, maire sortant de Draguignan, ne saurait ainsi refuser le soutien récent d'Yves Rosé, maire socialiste partant de La Motte.

L'ouverture pour l'ouverture, cela ne me plait pas. En revanche, quiconque partage notre projet peut nous rejoindre, explique ainsi Arthur Paecht, maire UMP de La Seyne.

De même, à Hyères, Jean-Pierre Giran souhaite pratiquer l'ouverture différemment .. Si je suis élu, je donnerai des délégations à des personnalités d'autres listes assure le député et candidat à la mairie. Cela rassemble tout à fait à l'ouverture pratiquée par le Président après son élection poursuit-il.


Mis en ligne le 20/01/2008 par Pierre Ratcliffe. Contact: (pratclif@free.fr) sites web http://paysdefayence.blogspot.com et http://pierreratcliffe.blogspot.com