L'aérodrome de Fayence - Tourrettes

L'aérodrome de Fayence-Tourrettes est un aérodrome propriété de l'État classé en "circulation aérienne publique CAP", c'est à dire libre. La circulation aérienne publique permet l'usage de l'aérodrome à tous les aéronefs qui pratiquent le vol à vue (VFR visual flight rules). Voir ces conditions d'usage.

L'aérodrome de Fayence-Tourrettes est géré par un syndicat mixte comprenant des représentants de ces communes concernées et du département. L'Association Aéronautique Provence Côte d'Azur (AAPCA) est présente sur le site depuis de nombreuses années et gère les activités de vol à voile. Voir l'histoire du vol à voile à Fayence.

Le syndicat mixte a confié à l'association AAPCA qui gère l'activité vol à voile, la charge de la gestion des vols atterrissant et décollant de l'aérodrome. En raison de son classement "circulation aérienne publique", l'aérodrome est ouvert à tous les aéronefs qui pratiquent le vol à vue (VFR), (non le vol aux instruments IFR).

Le vol à vue se pratique donc de jour et par conditions météo satisfaisantes (vent et visibilité). Cela concerne les planeurs, les ULM, les petits avions de tourisme et les ??hélicoptères??. Exemple, un avion ayant décollé de Sisteron peut atterrir sur l'aérodrome de Fayence. Les heures d'ouverture et la fréquence d'écoute radio lui est connue. Concernant l'utilisation de la radio, les pilotes utilisent la procédure dite "autoinformation", c'est-à-dire donnent leur position à certains points clés. A son arrivée au dessus du terrain, le pilote commandant de bord, contacte l'aérodrome par radio VHF. Si celui-ci (en l'occurrence l'AAPCA gestionnaire de l'aérodrome) est en écoute radio, il lui indique la piste, l'orientation et la vitesse du vent, la pression barométrique au sol et l'état du trafic, et l'avion atterrit après un tour de piste effectué selon les règles du trafic aérien qu'il est censé connaître. Mais comme le terrain de Fayence n'est pas contrôlé au sens "Contrôle d'aérodrome" avec une tour de contrôle; le gestionnaire n'est pas astreint à une veille radio permanente, ni à fournir des informations concernant les conditions d'atterrissage qui sont laissées au seul jugement du pilote commandant de bord qui navigue à vue donc de jour (avec les fesses disent les pilotes).

La circulation aérienne publique est analogue à la circulation maritime des navires de plaisance qui s'applique pour voiliers (mode de propulsion prépondérant voile) et les bâteaux à moteur, qui cohabitent sur la mer avec tous les navires de commerce et militaires. L'accès aux ports est libre, à la réserve que les navires paient une taxe d'amarrage au gestionnaire du port. Les commandants de bord des navires qui sont dotés de radio VHF, soit par commodité soit par obligation en fonction de leur taille, contactent les capitaineries des ports de plaisance par VHF et on ne peut leur en interdire l'accès. Mais un petit navire non astreint à avoir la VHF à bord, peut aussi accéder au port sans contact préalable par VHF. Et les petits ports ne sont pas astreints à une écoute radio permanente.

La circulation maritime s'effectue en deux dimensions mais la circulation aérienne s'effectue en 3 dimensions; d'où les règles concernant les altitudes de vol ou FL (flight levels). Voir la carte de l'aérodrome de Fayence. Les niveaux FL sont en hectopieds; exemple FL095 signifie 9500 pieds soit 3165m. Ces altitudes sont des altitudes standard, c'est à dire par rapport à une pression barométrique standard de 1013.2 millibars.

Dans le cadre de la loi Libertés et Responsabilités locales, la propriété et la gestion de l'aérodrome de Fayence sont transférées de l'État à la collectivité locale, donc le Département du Var. Voir le texte officiel complet concernant ce transfert.

Une forte pression s'exerce sur l'aérodrome de Fayence par d'autres usagers qui voudraient en utiliser le site de manière permanente: hélicoptères, ULM et petits avions de tourisme. Ces usagers voudraient s'implanter sur le site: écoles de pilotage, stationnement de petits avions privés de tourisme, écoles d'ULM, vols d'hélicoptères pour le transfert de clients des aéroports de Nice ou Cannes, etc... Ces usages s'exerceraient en supplément, et au détriment, du vol à voile implanté depuis 70 ans; et leurs activités ajouteraient beaucoup aux nuisances pour les riverains, et pourraient amener un jour ou l'autre à la saturation, ce qui nécessiterait des mesures de restriction. Il s'agit là par conséquent d'un développement non maîtrisé de notre canton.

L'association Aucba "Unis contre les bruits aériens" milite depuis des années contre l'augmentation des bruits aériens dû à la croissance des usagers de l'aérodrome, notamment les hélicoptères, les ULM et les petits avions de tourisme, ce qui résulte du classement de l'aérodrome en circulation aérienne publique CAP. Leurs récriminations semblent porter sur l'usage par les hélicoptères, les plus bruyants, ensuite les ULM; quant aux petits avions de tourisme il ne sont pas mentionnés. L'Aucba milite donc pour un usage de l'aérodrome restreint à la pratique du vol à voile, afin de limiter les nuisances sonores et leur accroissement à ce qui existe depuis 70 ans.

Le 27 janvier 2007, l'Aucba a mobilisé 300 personnes qui se sont rendues du site de l'aérodrome à la maison de pays à Fayence pour demander l'usage restreint de l'aérodrome au vol à voile. La grande majorité des participants semblait favorable à cette demande; ils étaient notamment contre les hélicoptères, peut être un peu moins contre les ULM, quant aux petits avions de tourisme, il n'en a pas été question.

Voir le tract et la relation de cette manifestation.

Je crains que, dans leur forme, les interventions Mr Albertini président de l'AAPCA et de Mr François Cavallier aient provoqué une certaine confusion et un mécontentement dans les esprits des personnes présentes.

Mr Albertini, président de L'Association Aéronautique Provence Côte d'Azur (AAPCA) s'est exprimé en qualité de gestionnaire de l'aérodrome pour la circulation aérienne publique, non comme président de l'AAPCA vol à voile.

Le conseiller général du canton s'est exprimé sur l'usage restreint de l'aérodrome. Il est favorable au déclassement et à l'usage restreint. Il a expliqué, qu'après le transfert par l'État au département de la propriété de l'aérodrome, le syndicat mixte va se réunir le 7 février prochain pour délibérer quant à l'usage de l'aérodrome. Cette délibération sera prise par une commission composée de 4 membres du conseil général, 2 élus de Fayence et 2 élus de Tourrettes soit 8 voix. En cas de partage des voix, 4 pour, 4 contre, le président disposera d'un voix supplémentaire. Le conseiller général du canton qui présidera cette commission s'est déclaré publiquement pour l'usage restreint. Le maire de Tourrettes n'assistait pas à la manifestation; le maire de Fayence, représenté par son adjointe aux affaires culturelles et au tourisme, s'est déclaré pour l'exclusion des hélicoptères mais ne s'est pas prononcé sur les ULM.

L'issue de la délibération du 7 février 2007 prochain est donc en suspens.

Dans cette affaire la position des élus locaux a été de soutenir la demande de déclassement de l'aérodrome et d'usage restreint. Voir les courriers suivants:

Comme expliqué ci-dessus, usage restreint signifie: pas d'implantations d'écoles de pilotage, pas de stationnement de petits avions privés de tourisme, pas d'écoles d'ULM, pas de vols d'hélicoptères pour le transfert de clients des aéroports de Nice ou Cannes... Mais il ne peut pas être question, à mon sens, d'interdire les atterrissages et décollages d'aéronefs s'exerçant en vol à vue, petits avions de tourisme, ULM voire hélicoptères. C'est comme cela qu'il faut entendre la "sécurité".

Par décision du conseil syndical, celui-ci a voté le déclassement de l'aérodrome le 7/2/2207. Voir le site du conseiller général du canton de Fayence où cette décision est relatée.

Toutes informations utiles, à jour en ce mois de juin 2008, se trouvent dans le site de l'association AUCBA (unis contre les bruits aériens".


Mis à jour le 25/02/2007 par Pierre Ratcliffe. Contact: (pratclif@free.fr)