Comment un pays souverain gère recettes fiscales, dépenses publiques
fiscalité, déficit, dette, compétitivité

Le fonctionnement de l'économie d'un pays est un équilibre entre secteur privé et public, dépenses publiques et fiscalité, balance commerciale et des comptes courants... Tout cela est mené par la monnaie et le crédit, par l'État à travers son trésor public, ses banques seules autorisées à recevoir des dépôts et à faire des crédits, sous contrôle de la banque centrale. Un déséquilibre survient lorsque les recettes sont inférieures aux dépenses de manière durable cad. structurelle et que la croissance économique qui augmente annuellement les recettes de l'État ne permet pas d'assurer la stabilité de la dette et du déficit. Il existe en effet une combinaison stable de dette, déficit, et croissance qui résulte d'une simple équation d'identité mathématique.

En cas de déséquilibre hors de cette combinaison, un pays souverain en matière monétaire peut ajuster l'insuffisance de ses recettes par rapport à ses dépenses publiques de plusieurs manières

Remarqons qu'aucun des pays de la zone € ne peut utiliser ces moyens. L'ajustement si nécessaire ne peut se faire que par des mesures d'austérité; mais avec le risque de réduire la croissance donc d'entrer dans un cercle vicieux.

Considérons l'exemple de la Grèce d'actualité en 2011. La perte de compétitivité de la Grèce par rapport à l'€ depuis son entrée dans l'€ au taux de 340.75 drachmes/€ (lien) s'est dégradée de 40%. Revenir au drachme et le dévaluer de 40% redonne la compétitivité perdue à la Grèce. Cela signifie que 1€=1.4x340.75=477.05 drachmes. Les produits grecs seront alors 40% moins chers pour les étrangers; notamment ceux de la zone €; ils achèteront donc plus de produits grecs. Mais les grecs devront payer 40% plus cher les produits étrangers dont ceux de la zone €. Ils en achèteront moins. La balance commerciale tendra donc vers l'équilibre.

Mais la dette grecque est en monnaie étrangère, € et $ principalement, et les intérêts doivent être payés en ces monnaies. Il faut donc accompagner la dévaluation avec le défaut de paiement. C'est ce que l'Argentine a fait en 2001 (lien).

Le cas des États-Unis est différent, car le dollar est la monnaie de paiment international. Les États-Unis ne peuvent pas dévaluer pour accroître leur compétivité. Ils peuvent seulement accroître la quantité de dollars en circulation - ce qu'ils font pour faciliter le passage de la crise (ce sont les QE quantitaive easing), ce qui contribue à le déprécier vis à vis des autres monnaies. Le Yuan chinois est accroché au dollar au taux de 1 yuan chinois = 0,156875 dollar (1$=6.3745). Le yuan s'apprécie peu à peu par rapport au dollar... mais la déprécaition du $ renforce la sous-évaluation du yuan et contribue donc à l'accroissement des réserves chinoises (lien).

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Mis en ligne le 09/10/2011